LA PERCEPTION DU MAL. Chapt X.

Publié le par David de...

CiblePentacle

Les flics m'ont libéré après 7 heures du soir. (Chapitres précédents : LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. I. , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. II , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. III , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. IV , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. V , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. VI , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. VII , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. VII , LA PERCEPTION DU MAL. Chapt. IX
Je marche sans but dans le crépuscule, brisé toutes les secondes par le clignotement d'un panneau publicitaire qui m'indique l'heure précise: 7:17.
17. Ce coup de fil anonyme de mon premier cauchemar à retentit à 8:17. le client de Catherine a tué sa femme de 17 coups de couteaux. Durée de l'enregistrement: 4h 17.
J'ai l'impression de me retrouver dans ce film qui poussait l'exaspération jusqu'à la faire subir au spectateur et ayant le titre du nombre qu'on voyait partout, du prix du "pur malt" au numéro de la place de parking : "Le nombre 23".
Je repense à cette soirée où je l'ai regardé avec quelques amis. Un moment, Anne demande à Louis, la voix menaçante :
- C'est toi qui a mangé toutes les olives? Et Louis lui répond:
- Il n' y en avait que 23.
A cet instant, tout le monde éclate de rire et je propose à l'assistance qu'on interrompt le film.
- Je crois que tout le monde a craqué au vingt troisième 23 prononcé du film. Est ce que tout le monde a eu sa dose de 23 ?
- Enlève-nous ce nanar! On n'en peut plus, dit Claudia.
- Ce n'est que la vingt troisième fois que je le dis depuis les 23 premières minutes du film, ajoute Louis.
Au bout des dernières additions soustractions, multiplications, divisions et inversion de chiffre (32 devenait 23), on a stoppé net le film à la quarante-troisième minute et 11 secondes (43, c'est 4x3=12 + 11 secondes:23!). Ou peut être même avant: la trente-troisième minute et vingt-quatrième seconde (3x3=9 etc...)

Et pourtant, malgré cette crise de rire, je suis tiraillé par la même obsession. Ce nombre qui revient sans cesse n'est pas une coïncidence: je ne crois pas aux coïncidences...Surtout les plus encombrantes.

Je décide de ce pas et non l'autre, de fouiller le "net" pour voir si ce nombre a une signification quelconque dans la numérologie.
Je vois sur le trottoir d'en face, une enseigne bleu-saphir clignoter irrégulièrement et grésillant: "Ici Accès WEB".
C'est un bar aux vitres sales éclairées timidement par des points lumineux aux teintes orangées.
Je traverse la rue encombrée de véhicules rugissants à la grâce du conducteur au sexe trop petit ou inopérant aux fonctions orgasmiques de sa dame...Je pousse les portes vitrées en posant le s mains sur les empreintes encore visibles du précédent visiteur. Rien n'éblouit en ces lieux sinon la résignation et la rancoeur d'un monde meilleur. tout le monde paraît à l'affût d'un affrontement, pour prouver qu'il existe encore. Mais il sait au fond de lui, qu'il a capitulé.
Je jette un oeil à ma gauche en pénétrant l'antre: une femme au teint des plus belles statues d'ivoire, me sourit puis s'interrompt après que son médiocre tortionnaire qui l'acompagne des yeux et du reste de sa vie, ne l'en dissuade d'un regard,sans convaincre personne.
Mes yeux se penchent à présent, à ma gauche: Un barbu immense paraît contrarié et lance ses flèchettes sur une cible de plus en plus fragile que les projectiles déchiquetent la chair et ne nourissent plus personne.


 Je pose mes arrières sur un trône qui ne m'attendait pas. Le serveur s'approche de moi sans émettre un mot, ni même un sourire. Il opine de la tête et je tends un doigt vers la bouteille "Black 'n' white" de mon ami "Jack" qui me clignait de l'oeil à chaque défaillance du néon qui, de temps à autre, l'inondait de lumière. Le serveur s'éloigne: son visage est blême, ses yeux sont noirs, occupants presque tout l'espace qu'autorisent ses orbites, et ses sourcils épais. Sa maigreur rappelle l'Europe, quand elle mourait de faim. Son accoutrement est digne des meilleurs westerns: une veste sans manche couvre sa chemise blanche comme un gillet pare-balles. Il s'éloigne et revient avec un verre, qu'il colle sous la bouteille de "Jack". L'élixir se répand sans étincelles, sauf celles qui se manifesteront quand elles brûleront mes chairs de leur degré de pénitence.


Quand le serveur a posé mon verre et qu'il m'a abreuvé, je n'ai pas oublié de dresser un doigt qui ne lui  a pas échappé. Je regarde son dos et son bras se redresse en me montrant une machine dont l'écran de veille clignotait en disant: "I'm waiting for you...".
Je m'approche, non sans crainte, étonné par cette situation qui semblait programmée et réduisait à néant ma notion du destin. On choisit sa voie? Jusqu'à ce qu'on s'égare et qu'on nous remette sur le droit chemin?...


Je m'installe devant l'écran, qui pour une fois,pourrait avoir une autre utilité que de nous séduire et nous faire consommer.

Je tape dans la petite fenêtre qu'on appelle listbox qui acompagne désormais tous les navigateurs et qui hébergent tous les moteurs de recherche, une distinction accordée à ceux qui accèdent à la classe dominante, de par leur captation de capitaux et leur art de séduire les plus médiocres.

Ils doivent se soumettre aux rites ou périr dans la pauvreté, pour les plus acharnés à nous défier ou le suicide, si la honte ne peut les étouffer.

 Le moteur de recherche me propose 178 000 000 de résultats. De la Bible au Tarot.: La mort et la Renaissance. Il ne manquerait que le raz de marée détruisant toute la côte est des USA après un effondrement des rivages des îles au large de l'Espagne. Ce nombre est lié à tant de saints que les tyrans n'ont aucun soutien à espérer du divin. Bien qu'il les ait soutenus si longtemps. Il est temps qu'il passe la main et que le dernier règne: mille ans...Comme il est dit dans le dernier Livre.

En Italie, les immeubles n'ont pas de 17ème étage et les hôtels, pas de chambre 17. VENI VIDI VICCI, l'axiome du premier empereur Romain et VIXI, celui du dernier après sa conversion au christianisme, sa chute et l'obscurantisme qui suivit, dans un ordre différent, çà donne: XVII. Et le XVII ème siècle est curieusement celui de la Renaissance.
Parce qu'il évoque la fin, la chute. La mort. Je ne vis que celle des autres à travers mes rêves. Ils n'évoquent jamais la mienne. Ces cauchemars me rendent mystique et irrationnel car ils sont si réalistes que j'ai l'impression de les vivre vraiment.
Je n'arrive pas à l'expliquer mais j'ai l'impression de rêver à travers quelqu'un d'autre. Ou bien, la réalité des autres? Les fantasmes d'un cinglé, peut être. Comme si, pendant mon sommeil, je fouinais dans le subconscient d'un autre type complètement fou. Car ces rêves ne m'appartiennent pas.



Chapitre inachevé.

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David de...

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