Un jour, un poissard m'a dit: Je regrette d'être venu...

Publié le par David de...

- Comment çà ? lui ai-je demandé. D'être là ?

-- Oui.

- Avec moi ?

- Non ! m'a t-il répondu. D'être venu au monde.

- Tu ferais de la peine à ta mère si elle entendait çà, conclus-je.

 - Non. Elle aussi, elle regrette.

 

 

C'est bien aussi, me suis-je dit. Au moins, il n'est pas tout seul. Ah non : il y a aussi les.voisins. Et d'autres gens, d'autres organismes.

 Mais personne aussi proche que sa mère... Ah si: il y a moi. Oui. Moi aussi, j'aurai préféré une fausse couche que de le subir.

 Moi aussi je l'ai souhaité mort au point de lui prêter ma voiture que j'avais saboté moi-même, fourbe que j'étais devenu.

Et que cette salope a lâché quand j'étais au volant et que c'est moi à présent, qui suit couché sur ce lit, le corps inerte.

 Je ne me torche même plus le cul tout seul: on le fait à ma place.

 En fait, je ne quittte plus mon lit, ni même lui.

 Je suis prisonnier de mon corps, comme d'autres, de leur douleur.

 

Deux formes de torture avant la mise à mort, qui ressemble au même couloir...

Emprisonné dans son propre corps.

Peut être une preuve que l'esprit peut souffrir sans le corps en le boudant simplement ou le harceler de douleur..

 

Bienheureux sont ceux qui meurent dans leur lit.

Le repos éternel est un soulagement. C'est comme un bouchon de champagne,Une libération.

 

C'est un "déjà mort" qui me l'a dit.

David de...

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